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Un nom admirable dans l’histoire de la Résistance française, cette courageuse est l’une des six femmes Compagnons de la Libération et l’une des deux femmes inhumées au Mémorial du mont Valérien.

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Berty ALBRECHT
Née Berthe Pauline Mariette WILD épouse ALBRECHT

Le 15 février 1893 à 19h à Marseille 13 Bouches-du-Rhône
Selon acte n°668 – AD13 en ligne – vue 42/72

Décédée le 31 mai 1943 par pendaison à la prison de Fresnes

 

 

 

Infirmière en hôpitaux militaires pendant la Première Guerre mondiale…

elle devient militante des droits de l’homme et féministe…

et fonde avec Henri Frenay le mouvement de résistance Combat.

Refusant l’exil en Angleterre, cette résistante connaît la torture et la mort…

Servir et résister au nom de valeurs humanistes, fondent l’action de Berty Albrecht

 

 

Infirmière en hôpitaux militaires pendant la Première Guerre mondiale…

Issue d’une famille bourgeoise protestante d’origine suisse, Berthe Wild étudie à Marseille puis à Lausanne avant de passer un diplôme d’infirmière en 1912.

Elle part alors pour Londres où elle devient surveillante dans une pension de jeunes filles.

Rentrée à Marseille, elle exerce pour le compte de la Croix-Rouge dans plusieurs hôpitaux militaires durant toute la Première Guerre mondiale.

Après l’Armistice de 1918, Berthe a 25 ans quand elle épouse à Rotterdam le banquier néerlandais Frédéric Albrecht dont elle aura deux enfants Frédéric et Mireille. Après avoir vécu aux Pays-Bas, le couple s’installe à Londres en 1924. C’est là que Berthe commence à s’intéresser à la condition des femmes après sa rencontre avec les féministes anglaises.

 

elle devient militante des droits de l’homme et féministe…

Séparée de son époux, elle s’installe à Paris en 1931 et devient membre de la Ligue des droits de l’homme. Dans une France qui refuse le droit de vote aux femmes et où la contraception est rudimentaire voire inefficace et l’avortement lourdement sanctionné, elle crée la revue féministe Le Problème sexuel, financé par l’époux de Berty qui publie 5 numéros jusqu’en juin 1935.

A l’automne 1934, à la suite d’une visite de l’URSS, Berty revient déçue par les inégalités, le gaspillage, malgré les réussites du régime en matière d’écoles, universités et crèches…

Lucide sur la réalité du nazisme, Berty accueille dès 1933 des réfugiés allemands dans sa maison de Ste-Maxime. Là, en 1934, elle rencontre le capitaine Henri Frenay sur qui elle exerce une profonde influence.

Devenue assistante sociale, elle est affectée en 1938 dans une fabrique d’instruments d’optique pour la marine.

Après l’Armistice de juin 1940, elle entre aux usines Fulmen à Vierzon et profite de cette situation pour faire passer la ligne de démarcation à des prisonniers évadés.

 

et fonde avec Henri Frenay le mouvement de résistance Combat.

Proche collaboratrice de Frenay, Berty Albrecht participe à toutes les initiatives de ce résistant qui fonde le Mouvement de Libération Nationale devenu par la suite, Mouvement de Libération Française.

En décembre 1940, elle se charge de fabriquer le Bulletin bihebdomadaire du capitaine, recrute les adhérents, collecte les fonds.

Grâce à son réseau de contacts, Berty dans sa lutte contre le nazisme, apporte une aide précieuse à l’action de Résistants en zone occupée ou interdite.

Si Albrecht et Frenay reconnaissent le général de Gaulle comme symbole de la Résistance, ils rechignent à se soumettre à son autorité. Ensemble, ils lancent successivement trois journaux dont le dernier, Combat, sera le nom de leur mouvement.

 


Plaque apposée au no 16 de la
rue de l'Université, Paris 7e, où habita Berty Albrecht

En 1941, engagée comme commissaire au chômage pour la ville de Lyon, Berty, fonctionnaire de l’Etat français et militante connue, est surveillée de près par l’occupant et la police française. Chargée d’organisée le service social, en zone libre, elle aide les camarades emprisonnés et leur famille.

Arrêtée mi-janvier 1942 par la police française, elle est relâchée au bout de trois jours. A nouveau arrêtée à son domicile fin avril 1942, elle est internée à Vals-les-Bains. Comme elle exige d’être jugée et que les autorités s’y refusent, elle entame une grève de la faim qui durera 13 jours avec plusieurs de ses codétenus. Transférée à la prison St-Joseph à Lyon, elle est finalement jugée et condamnée à six mois d’incarcération.

L’invasion de la zone sud en novembre 1942, complique le sort des prisonniers politiques et résistants. Berty décide alors de simuler la folie ; ce qui lui vaut un internement en hôpital psychiatrique à Bron. Elle en est libérée le 23 décembre 1942 par un commando de Combat et grâce aussi à l’aide de sa fille Mireille et de son médecin-traitant.

 

Refusant l’exil en Angleterre, cette résistante connaît la torture et la mort…

Refusant de passer en Grande-Bretagne, elle reprend aussitôt ses activités clandestines et dès février 1943, elle rejoint Henri Frenay à Cluny.

Piégée par un faux rendez-vous, elle est arrêtée par la Gestapo à Mâcon le 28 mai 1943. Torturée et transférée à la prison du fort Montluc à Lyon puis à Fresnes, elle y est incarcérée dans une cellule du quartier des droits communs, le 31 mai à 0h15. Afin d’éviter de parler sous la torture, elle se suicide par pendaison dans la nuit.

En mai 1945, son corps est retrouvé dans le jardin-potager de la prison de Fresnes.

Faite Compagnon de la Libération, son nom est tiré au sort, le 29 octobre 1945 pour inhumation au Mont Valérien à Suresnes, dans le Mémorial de la France combattante avec quinze autres noms.

 

 

Servir et résister au nom de valeurs humanistes, fondent l’action de Berty Albrecht

Servir les valeurs humanistes de liberté et d’indépendance constitue le fondement de la nature Verseau de Berty Albrecht.

Mener son action militante et avant-gardiste au cœur des conflits de son époque, colle parfaitement à son destin de femme déterminée, convaincante et solidement engagée pour servir ce qui est bon pour le devenir humain.

Ainsi, servir en tant qu’infirmière pendant la Grande Guerre puis comme résistante dans la clandestinité pendant le second conflit mondial constitue un engagement –oh combien naturel – pour cette femme porte-bannière de ses contemporains dans l’adversité.

Le risque de mort, loin de l’effrayer est pour elle comme une fatalité fascinante, car il s’agit de servir les amis résistants jusqu’au bout de ses possibilités, sans fuir devant le danger.

 

Sources documentaires :
Wikipedia

Les Grandes Figures de la Résistance
par Dominique Lormier éditions Lucien Souny

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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